Actualités, 23-07-2008

Attaque des Rastas, 2 personnes tuées et une enlevée dans le territoire de Walungu

C’est le bilan d'une attaque des combattants rastas, une branche des FDLR, sur le village de Murhinkuba, dans le territoire de Walungu à une cinquantaine de Km de la ville de Bukavu. Selon l'administrateur de Walungu qui a livré l'information, l'attaque a eu lieu dans la nuit du dimanche à lundi. Selon la même source il y avait déjà un certain temps d'accalmie et ces combattants ne s'étaient plus manifestés dans les villages.

Bukavu : des officiers de la police judiciaire en formation

Ils sont une cinquantaine d’officiers de la police judiciaire qui suivent, à Bukavu, au Sud-Kivu, une formation sur la manière d’établir un procès verbal. Les participants viennent de plusieurs coins de la province. L’initiative de cette formation revient à l’ONG « Restauration de la justice au Congo » ( Rejusco).

La formation est prévue pour 5 jours. Selon la chargée de la formation au sein du programme Rejusco, un procès verbal non conforme peut entamer toute la procédure judiciaire. Mme Jiji Kondani explique : « Il faut veiller sur la rédaction de ces PV, même du point de vue qualification, vous allez voir un fait civil qui est pris pour un fait pénal. Et c’est l'OPJ qui a dressé cela, ça entraîne des répercussions sur toute l’action publique. Et ça peut être un PV mal rédigé. L’ordonnance de 78 dit que ce sont eux qui constatent l’infraction. A supposer qu’ils constatent mal, ou, qu’ils n’auditionnent pas la personne et l’incarcèrent au-delà de 48 heures, il y a des droits qui sont lésés. Vous constaterez pourquoi il y a parfois des amigos ou des cachots inondés. »

Kashusha, bientôt une ville du patrimoine mondial

Depuis deux mois, Kashusha, une localité située à 27 kilomètres, au nord de Bukavu, dans la province du Sud-Kivu, a signé la charte d’adhésion à l’OVPM (Organisation des villes du patrimoine mondial). Ce qui revient à dire que, une ville y sera bientôt érigée.

Le site choisi à cet effet a jadis abrité un camp de réfugiés hutus rwandais après le génocide de 1994. Ce week-end, dans l’allégresse, les habitants du village se sont rendus à l’endroit du site où est tracée la première route principale de la future ville. Celle-ci sera construite par les autochtones eux-mêmes, dans le respect des normes urbanistiques internationales et des droits de l’homme.

Sur le site, flotte déjà le drapeau de l’OVPM. Quelques habitants du lieu exhibent avec fierté leur carte de citoyen du monde. Et beaucoup d’entre eux croient que leur vie sera transformée. « J’ai travaillé dans le champ, je n’ai pas gagné grand-chose. J’ai fait du commerce, j’ai manqué de l’emploi, maintenant, si d’autres gens viennent habiter à côté de moi et m’aider à pouvoir évoluer dans ma vie, je pourrais bénéficier de beaucoup de faveurs dans cette ville », a expliqué monsieur Prosper Magala, un habitant de Kashusha.

Des électriciens, comme des maçons de la place, se frottent les mains. Ils pourront désormais être occupés utilement avec l’ouverture des chantiers.

Bukavu, les enseignants exigent une table ronde avant la rentrée scolaire prochaine

Cette résolution est sortie de la rencontre entre les syndicats des écoles conventionnées protestantes et catholiques le week-end dernier, après concertation avec une centaine d’enseignantes et épouses d'enseignants. Pour le président du syndicat des écoles conventionnées catholiques, Pierre Kabeza, cette table ronde doit permettre à l’Etat congolais de définir à l’avance les conditions salariales des enseignants.

Pierre Kabeza souhaite que le gouvernement clarifie leur situation salariale : « Avec ces femmes, nous avons réfléchi sur la rentrée scolaire prochaine. Ici, les enseignants refusent le paiement de primes et demandent au gouvernement d’organiser une table ronde. Dans le cas contraire, qu’il sache qu’il va hypothéquer l’année scolaire prochaine. Vous voyez comment les élèves ont terminé cette année avec beaucoup de difficultés avec la paie de la prime et le non paiement de salaire. Dans cette table ronde, nous voulons que le gouvernement se prononce clairement : si notre salaire sera payé au cas où nous l’exigerions; et s’il va autoriser le paiement de la prime, qu’il nous le précise aussi ».

Bukavu, le corps d'un prisonnier traîne à la morgue faute de moyens de transport

Le prisonnier est mort de diabète mercredi à l'hôpital général de Bukavu où il était interné depuis plus d'un mois. Il avait été condamné à mort en 2005 pour meurtre et vol à main armée par le tribunal militaire garnison de Bukavu. Sa dépouille mortelle traîne encore à la morgue de l'hôpital général de référence par manque de moyen de transport pour le conduire au cimetière. La mairie de Bukavu a offert 30 USD pour le cercueil. Selon le maire, le reste des frais des obsèques incombe à la division provinciale de la justice qui a la gestion de la prison centrale. Quant au directeur de la prison centrale de Bukavu, il se déclare confus.

Retour de 460 Congolais réfugiés en Tanzanie vers Fizi

Parmi eux, 200 personnes expulsées pour séjour illégal. Ces Congolais ont été accueillis mercredi en territoire de Fizi, au centre de transit de Mushimbakye à Baraka. Selon la commission nationale pour les réfugiés (CNR), ils ont été confié au consulat congolais de Kigoma, en Tanzanie, par le service d'immigration tanzanienne en vue de leur rapatriement.

Les retournés congolais, qui ne vivaient pas dans l'illégalité en Tanzanie, avaient fui les camps des réfugiés. Selon la commission nationale des réfugiés, près de 800 Congolais attendent encore leur rapatriement au consulat congolais de Kigoma, en Tanzanie.

Beaucoup parmi eux exerçaient des activités en dehors des camps des réfugiés. Certains se sont retrouvés sans papier au moment où ils ont été appréhendés par le service tanzanien d'immigration. Ceux qui sont arrivés ce mercredi ont menacé à troubler l'ordre dans le centre de transit. Suite à cette menace, la GTZ a suspendu momentanément la distribution aux rapatriés facilités par le HCR, affirment des sources locales.

Calmés par les autorités territoriales de Fizi, les expulsés se sont plaints du manque de nourriture. C'est le cas de cet expulsé qui se demande par où commencer pour reprendre à partir de rien : « Il y en a qui sont partis et qui ont passé 10 ans en Tanzanie. Et il y en a parmi les retournés qui ont 5 à 8 enfants en charge aujourd'hui. Ici chez nous au Congo, nous n'avons plus rien avec nous, ni champs ni maison d'habitation. Alors, comment allons nous survivre, nous qui sommes retournés ? »

De son coté, la CNR déclare que ces expulsés n'entrent pas dans le mandat du HCR. Ce dernier n’a fait que faciliter leur transport sur demande du gouvernement congolais. Selon la même source, les rapatriés facilités bénéficient d'une assistance en vivres et non vivres pendant 6 mois. Mais, pour le cas des Congolais expulsés, la CNR indique que des mesures de grâce pourront être arrêtées ce jeudi, avant leur évacuation dans leurs milieux d'origine.

Les personnes vivant avec handicap réclament une attention particulière à Bukavu

« Réveiller la conscience des femmes de l’Est de la RDC, du Rwanda et du Burundi qui vivent avec handicap », c'est le but poursuivi par le Réseau œcuménique de défense des personnes vivant avec handicap à travers une rencontre de 4 jours. Les 15 participantes recommandent à la communauté nationale, régionale et internationale d'accorder une attention particulière aux personnes vivant avec handicap, comme c'est le cas pour les personnes vivant avec le VIH.

Les participantes sont soit aveugles, soit sourdes-muettes, ou encore manchots ou paralytiques. La plupart sont devenues infirmes à l'âge adulte. Elles souhaitent que la société tienne compte de leur capacité malgré leurs infirmités.

La directrice du conseil œcuménique des personnes vivant avec handicap en Afrique francophone, Micheline Kambaa Kasongo, évoque les grands problèmes auxquels ils sont confrontés, particulièrement en RDC : « En RDC, toutes les catégories de personnes vivant avec handicap ; les malvoyants, les malentendants et ceux qui ont l'handicap mental, sont marginalisées. La société ne prend pas soin d’elles. Elles sont parmi les gens qui n'ont pas eu la chance d'étudier. Il y a moins d'employés dans cette catégorie. »

Les participantes à la consultation du centre Amani de Bukavu souhaitent que les termes péjoratifs pour désigner la personne avec handicap soient abolis. Pour ce faire, elles sollicitent l'implication des dirigeants politiques de la région. Elles ont aussi rappelé leur vulnérabilité liée aux fréquentes violences sexuelles dans la région.

Bagira : afflux de déplacés, les habitants fuient les tracasseries des FARDC

Les autorités communales de Bagira, à Bukavu, se disent débordées par le nombre croissant de déplacés en provenance du territoire voisin de Kabare. Selon elles, plus de 1000 personnes fuyant les exactions des soldats de la 14e brigade intégrée basée à Kabare Centre, sont arrivés dans cette commune. Ces déplacés sont abandonnés à eux-mêmes. Seuls quelques uns ont trouvé des familles d'accueil.

Ce sont surtout les localités et villages de Kagabi, Bonobono, Karambi et Tshisangija qui sont vidés de leurs habitants. Ils fuient ces exactions pour se réfugier dans la commune de Bagira. C’est depuis lundi dernier lorsque certains éléments de cette brigade on tiré en l’air, refusant d’être redéployés.

Un habitant retrouvé au quartier Nyakavogo, à Bagira, témoigne : « Nous sommes en train d’embrouiller les familles d’accueil dans lesquelles nous sommes. Ce qui pose problème, c’est surtout l’alimentation. Sur le plan sanitaire, tout ne peut pas marcher non plus. Nous aurions pu rentrer, mais ce dont la population a peur, c’est des exactions que ces gens commettent la nuit. Jusque là, aucune assistance n’est disponible. »

Les autorités de la commune de Bagira, au cours du conseil de sécurité de mardi dernier, ont décidé de demander une assistance auprès des ONG humanitaires. Ce, après avoir recensé les déplacés. Pour les autorités politiques et militaires, il ne sert à rien de s’alarmer. Selon eux, le redéploiement de ces troupes vers le sud de la province va se poursuivre à coup sûr.

En attendant, la population de Tshirunga, à Kabare, signale de nouvelles rafles cette nuit. Ces exactions sont attribuées aux mêmes éléments FARDC, ce que confirme leur commandant de brigade. Pourtant, dimanche dernier, ces militaires ont reçu quelques tonnes de vivres de la part des autorités de la province.

Atelier pour la paix et la protection de l’environnement et de la biodiversité à Bukavu

« Contribuer à la paix et à la création des conditions qui permettent de stopper la dégradation de l'environnement et le processus d'appauvrissement de la biodiversité dans la région des Grands lacs ». C’est l’un des objectifs poursuivis par le centre international pour la fertilité des sols et le développement agricole / IFDC, à travers un atelier de 2 jours tenu à Bukavu sur l'intensification agricole.

En plus de l’amélioration des méthodes agricoles, la trentaine d’acteurs et d’experts agricoles vont aussi se pencher sur la question des échanges commerciaux des produits agricoles entre les pays des Grand Lacs. La plate-forme IFDC est déjà opérationnelle dans les territoires de Walungu, Kabare, et de la Ruzizi, avec son projet dénommé Catalyst. Ce projet développe deux filières agricoles, le maïs et le riz, en y associant la gestion intégrée de la fertilité des sols.

Selon Antoine Bakangadio, coordonnateur national du projet Catalyst, les territoires de Walungu, Kabare, et la plaine de la Ruzizi sont les plus concernés. Ces endroits connaissent une démographie galopante, cause de multiples conflits liés à l’accès à la terre. La production agricole y est devenue très faible. Le but final est d’augmenter la productivité sur une petite unité de surface, pour que les ménages arrivent à satisfaire leurs besoins primaires.

1 an depuis l'assassinat Serge Maheshe à Bukavu

13 Juin 2007 – 13 juin 2008, un an s’est écoulé depuis que notre confrère Serge Maheshe est mort, abattu dans une rue de Bukavu par des hommes armés.
Au moment où se commémore ce vendredi ce triste anniversaire, l’opinion a encore frais en mémoire les deux longs procès qui ont suivi immédiatement cet assassinat, procès qui ont fait en tout 40 audiences débutées dès le 14 juin 2007 au Tribunal militaire de garnison de Bukavu pour terminer à la cour militaire de Bukavu siégeant en appel. Mais tout d'abord, un retour sur ce qui s'était passé exactement ce jour fatidique du 13 juin 2007.

Aux environs de 21h30, ce 13 juin 2007, Serge Maheshe et Serge Muhima étaient accompagnés sur la route par leur ami Alain Mulimbi à qui ils rendaient visite,. Devant le mini bus de radio okapi que conduisait Maheshe, 2 hommes en civil les avaient alors dépassés, pour revenir sur leurs pas et braquer une arme sur eux, leur exigeant de s’asseoir par terre. Serge Maheshe avait alors essayé de parlementer avec ses bourreaux, et tenté aussi d'appeler la sécurité de la Monuc. Du coup, l'homme armé avait ouvert le 1er coup de feu, qui sera suivi par 2 autres, et tous avaient atteint la victime, notamment au thorax et au bras gauche. Pris de peur, les 2 amis de la victime, et témoins du meurtre s’étaient alors cachés pour revenir sur le lieu après le départ des tueurs. Ils avaient trouvé Serge Maheshe gisant par terre. Avec l'aide des voisins, notre confrère sera amené à l'hôpital, où il succombera de suite de ses blessures. Le lendemain après l'incident, la police avait bouclé le quartier, fouillé des maisons et interpellé plusieurs personnes, dont 2 militaires des forces navales considérés comme les principaux suspects de l'assassinat. A noter que ces explications viennent des différentes audiences lors du procès ouvert le 14 juin 2007.

Assassinat de Serge Maheshe : 2 procès, 40 audiences

Les deux procès sur l’assassinat de Serge Maheshe ont fait en tout 40 audiences. Mais comment ces procès se sont-ils déroulés ?
4 personnes dont les 2 amis de Serge Maheshe, Alain Mulimbi et Serge Muhima avaient été condamnées à la peine capitale pour association de malfaiteurs, et les 2 auteurs matériels de l’assassinat, sur base de leurs propres aveux. C'est là le verdict tombé le 28 août dernier, au 1er degré. Des aveux sur lesquels les 2 tueurs reviendront dans une lettre de rétractation un mois après leur condamnation a mort. Suite aux nombreuses irrégularités enregistrées lors de ce procès au tribunal militaire, et dénoncées par la Monuc et les ONG des droits e l'homme, le procès sera rouvert en février, mais cette fois à la cour militaire de Bukavu. Après 3 autres mois d'audiences, le verdict tombe le 21 mai dernier. Les 2 amis de Serge Maheshe sont acquittés parce qu’aucune preuve de leur culpabilité n'avait été établie selon la cour militaire. Par contre, trois personnes dont 2 déjà condamnées à mort au premier degré avaient été reconnues coupables. Ainsi la cour militaire avait maintenu Freddy Bisimwa et Mugisho Rwezangabo comme responsables de la mort de Serge Maheshe. Rappelons qu'au total, 40 procès ont eu lieu autour de cet assassinat, dont 21 au tribunal militaire et 19 à la cour militaire.

Une réaction par rapport à ce jour d’anniversaire de l’assassinat de Serge Maheshe, elle est de JED, Journaliste en Danger. Cette ONG de défense et promotion de la liberté de presse estime que bien que des personnes aient été condamnées, il demeure encore des zones d'ombres quant aux commanditaires de l’assassinat. Pour le secrétaire général de JED, les gouvernants doivent libérer la justice et faire des assassinats des journalistes des crimes contre l'humanité.

Bukavu - Panzi : après un cambriolage, la population saccage le bureau du chef de quartier et de la police

Trois (3) hommes armés ont tenté de cambrioler une habitation dans le quartier Panzi au sud de Bukavu la nuit de lundi à mardi. 2 personnes ont été grièvement blessées par balles. Après cet évènement, l'incident, la population a saccagé le bureau et la résidence du chef de quartier, ainsi que le commissariat de police du lieu, les accusant d'inertie. L'administrateur de la commune d'Ibanda déclare que la police a arrêté 3 suspects parmi lesquels 2 militaires et un civil. La même source indique que le calme est revenu au début de cet après-midi (10/06/2008).

Uvira : l'autorité de l'Etat absente à Mwenga

Le constat est des notables du groupement de Basimukindji, dans les hauts plateaux d’Itombwe. Ces derniers se plaignent de l’absence du pouvoir étatique dans leur juridiction qui est ainsi livrée à un groupe armé.

Le chef de ce groupement, Chandrak Mchindewa Etabo, dénonce notamment l'absence de la police nationale et des instances judiciaires. En revanche, signale la même source, les FRF (Forces républicaines fédéralistes), un groupe d’insurgés armés, profitent de ce vide pour s’interférer dans des affaires civiles.

Mercredi, les notables de la contrée ont demandé à la Monuc de plaider pour la restauration de l'Etat dans cette entité territoriale. Une délégation de la Mission onusienne s'est rendue sur place à Mikenge. Elle avait pour objectif de récolter des données devant être inclues dans le plan général de stabilisation de l'Est de la RDC.

Le gouvernement ne tient toujours pas à ses promesses aux enseignants de Bukavu

Le personnel enseignant du secteur public de la ville de Bukavu exige l’apurement par le gouvernement des arriérés de deux mois de salaire non encore perçu avant de toucher celui d’avril. Ils exigent aussi l’application du premier palier de Mbudi. La commission du syndicat général administratif de l'Etat en séjour au chef-lieu du Sud-Kivu tente de persuader les enseignants à toucher d’abord le salaire d’avril, mais ces derniers sont catégoriques.

Ainsi, dimanche, les délégués des enseignants ont invité leurs gestionnaires à ne pas retirer ce salaire à la division provinciale des finances. Le secrétaire provincial du syndicat national des écoles catholiques, Pierre Kabeza, explique : « Dans les secteurs protestant, kimbanguiste et catholique, aucun chef d’établissement n’ira retirer ce salaire, parce que les enseignants de ces écoles ne veulent pas de ce salaire. Le salaire du mois d’avril ne sera retiré que s’il est accompagné des salaires cumulés du mois de février et de mars, étant donné que nous, nous attendions recevoir le premier palier de Mbudi. Ce sont les promesses qui nous ont été faites. Dans la Constitution, il est bien dit que le budget de l’Etat commence en janvier et prend fin en décembre. Nous, nous posons la question de savoir, le mois d’avril qu’ils ont donné correspond à quel budget ? 2007? 2008 ? Nous voulons voir la réalisation de toutes les promesses qui nous ont été pompées. »

Mais cet appel n’est pas bien accueilli par les enseignants de l’intérieur de la province. Selon le chef de la sous division de l’EPSP Walungu, le refus de percevoir cette enveloppe va affecter davantage les enseignants de l'intérieur qui ne vivent que de leur salaire. Il ajoute qu'en plus du salaire, les enseignants de la ville eux perçoivent la prime des parents de leurs élèves.

Manifestation des agents et fonctionnaires de l'Etat à Baraka

Au Sud-Kivu, près de 200 agents et fonctionnaires de l'Etat sont bloqués depuis 1 mois et 2 semaines à Baraka, en territoire de Fizi. Ils ont manifesté mercredi dernier dans les rues de Baraka pour réclamer la régularisation de la situation salariale des agents sous statut omis sur les listes de paie, y compris les agents rapatriés de la Tanzanie. Venus de tous les 4 coins de Fizi, ces agents et fonctionnaires attendent toujours la commission de contrôle physique et de paie à Baraka. Comment les autorités provinciales comptent-elles régler ce problème? La suite dans notre forum www.bukavu-bkv.com/forum/index

Bukavu, insécurité à Kadutu, Ibanda et Bagira. Que faire ?

Plusieurs cas d'insécurité sont signalés ces dernières semaines dans certains quartiers de la ville de Bukavu. Les habitants rapportent au quotidien des cas d'assassinat et de vols à main armée dont ils sont victimes. La population est inquiète et dénonce l'inaction et le silence des autorités politico militaires. Le maire de la ville se dit débordé. Prosper Mushobekwa fustige la circulation des hommes en armes dans la ville. Il cite même les démobilisés dans plusieurs cas de cambriolage et de meurtre. La police de son côté reconnaît qu'il y a recrudescence des cas d'insécurité et s'engage à redoubler d'efforts pour sécuriser les personnes et leurs biens.

Dans les trois communes de la ville de Bukavu, que ce soit à Bagira, à Ibanda ou à Kadutu les habitants se plaignent des cas de meurtres, d'assassinats, de vols à main armée et des tracasseries des hommes armés, parfois en uniformes militaires et qui ravissent téléphones portables , argent et autres objets de valeur aux passants pendant la nuit .
Dernièrement ce sont les habitants du quartier Kasha en commune de Bagira qui ont manifesté. Ils ont fait une marche jusqu'à l'auditorat militaire pour réclamer que justice soit faite car la police venait d'arrêter des présumés assassins d'un habitant de ce quartier, le procès est en cours ...
Dans d'autres communes ce sont des plaintes de la population qui se demande à quel saint se vouer.

Un habitant s'exprime : « C'est à Muhungu où il y a beaucoup plus de cas de tueries. Cette situation vient de ce que les autorités s'occupent peu de la prise en charge des militaires. Parceque, si les militaires recevaient une solde suffisante, les civiles ne les utiliseraient pas pour des sales besognes de tuer et voler les gens pendant la nuit. Je me demande pourquoi les militaires qui sont très proches de ce quartier et d'autres qui logent même dans ce quartiers, ne peuvent pas intervenir lors des attaques. Que les militaires soient bien payés et que les habitants aient un peu plus d'amour entre eux. Si c'est possible, que chaque habitant aie une arme dans sa maison pour se défendre ! »

Pour certains, ce cette situation de pauvreté, c'est la jalousie, le manque de travail, l'exode rural et surtout l'irresponsabilité de l'Etat. Ecoutons les propos de ces hommes rencontrés dans la commune de Kadutu et celle d'Ibanda.

Un habitant de Kaza Roho au quartier Panzi : « je pense que l'insécurité vient également des habitants entre eux à travers la jalousie. Entre voisins, entre frères. Car aucun militaire ne saurait qu'il y a de l'argent chez telle personne s'il n'est pas guidé… »

Un autre renchérit : « les assassinats et vols sont devenus le vécu quotidien chez nous. Les autorités négligent la situation car les coupables ne sont pas punis. On les arrête aujourd'hui et on les relâche demain. Que si les premiers étaient bien punis, les autres ne commettraient plus ces actes. »

Qu'est-ce qui se fait du côté des autorités locales pour combattre cette insécurité?

Le conseil urbain, les bourgmestres des trois communes de la ville, la police tous s'étaient réuni pour réfléchir sur la question. Parmi les résolutions prises, ils ont initié une patrouille mixte police - population. Des sifflets ont été distribués aux jeunes pour donner l'alerte lors des attaques. Mais cela semble ne pas rencontrer l'assentiment des jeunes qui déplorent l'incompétence de l'Etat.

Un jeune s'exprime là dessus : « Quand un jeune va faire la patrouille nocturne, il s'expose aux voleurs. Les voleurs sont bien armés pendant que les jeunes n'ont que machettes et bâtons. Les jeunes passent la nuit dehors pendant que nous n’avons aucune formation, aucune technique. Si c'est le tour du jeune élève ou étudiant de faire la patrouille, et que le lendemain il a à passer une interrogation, aura-t-il le temps de lire ses notes ? Je me demande si le travail de ces jeunes c'est alors de lire leurs notes pour préparer leur avenir ou si c'est d'assurer la sécurité dans leurs quartiers pendant la nuit. Pour moi, l'Etat devrait donner une bonne solde aux militaires pour qu'ils fassent très bien leur travail d'assurer la sécurité des personnes et de leurs biens !»

Et la police qui est sensé assurer la sécurité, que dit-elle de cette situation ?

L'inspecteur provincial adjoint de la police chargé de l'administration et logistique au Sud Kivu reconnaît qu'il y a en effet recrudescence de l'insécurité dans la ville depuis plus de deux semaines. Il a promis que des stratégies sont entrain d'être mises sur pied pour combattre cette insécurité. Il demande aux autorités politico administratives de base et à la population de dénoncer les cachettes des malfrats pour mieux les traquer.

A Bukavu, détournement des fonds publics, certains anciens ministres provinciaux restituent l’argent perçu

Les anciens ministres du gouvernement provincial démissionnaire du Sud-Kivu, tous impliqués dans le dossier de détournement des deniers publics se sont exprimés jeudi à Bukavu devant la presse. Tous rejettent les accusations portées contre eux. Mais trois d’entre eux se décident, néanmoins, de restituer les fonds perçus.

Au lendemain de la décision de l’Assemblée provinciale de traîner devant la justice l’ancienne équipe gouvernementale de province (gouvernement Cibalonza) pour détournement de plus de 400 000 USD, le dossier connaît quelques rebondissements. Jeudi, s’exprimant à la presse, les 10 ministres provinciaux démissionnaires ont déclaré qu’ils avaient considéré l’argent versé dans leurs comptes respectifs comme des avances perçues sur leurs droits et non comme des indemnités de sortie. D’après l’ancien ministre de la justice Alfred Maisha, leur porte-parole, chacun avait perçu 14 000 USD. Sur les 10, 3 ont néanmoins pris l’engagement de restituer cet argent. Parmi eux, l’ancien ministre de l’éducation, Timothée Masumbuko. Ce dernier a même exhibé à la presse les bordereaux de dépôt à la banque d’une partie de la somme déjà restituée.

Par ailleurs, l’Assemblée provinciale affirme que sur les 48 agents du gouvernorat de province qui avaient également perçu les mêmes indemnités (1 à 6 mois), 8 avaient restitué l'argent à la banque bien avant l'enquête parlementaire. D’après la même source, 4 autres agents (des finances du cabinet du gouverneur) ont également fait part de leur volonté d’emboîter le pas, alléguant qu’ils ignoraient le libellé des montants débloqués en leur faveur.

Face à ces nouveaux rebondissements, l'Assemblée provinciale persiste et indique que le dossier, actuellement au parquet, devra suivre son cours. Pour rappel, l'organe délibérant a demandé lundi au parquet de Bukavu de faire arrêter l'ancien gouverneur Chibalonza, son adjoint Watunakanza, quelques agents du centre d'ordonnancement ainsi que les ministres provinciaux pour détournement des deniers publics. Selon cette institution provinciale, ces personnes se seraient payées des indemnités de sortie, violant ainsi la loi en la matière.

 

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